Les circuits courts

Les circuits courts

Les circuits courts, rien à voir avec les courts-circuits, quoi que ?

Vous avez surement entendu cette expression mais sans trop savoir ce qui se cachait derrière.

Je vais vous expliquer ce qu’on entend par circuit court, ses avantages, où nous pouvons les trouver et comment en faire son quotidien.

Ma petite histoire

Il y a quelques années, j’ai vu un reportage sur des adeptes du locavore. Cette famille consommer uniquement des produits présent dans un rayon de 200 km autour de chez eux. L’exemple qui m’a le plus marqué est le sel, il n’avait pas de producteur de sel dans les 200km alors il sont allés à la mer et ont récupéré de l’eau qu’ils ont fait évaporer pour récupérer le sel. Là, je me suis dit, jamais pour moi ! Je ne voyais comment en étant “cadre dynamique”, maman et tout le reste, j’allais trouver le temps de faire mon sel  !! Pour autant, les reportages sur les vastes étendues de serres en Espagne pour avoir des fraises ne me satisfaisaient pas non plus !

Alors j’ai adopté la méthode des petits pas et surtout j’ai utilisé mon bon sens. Une AMAP (Association de Maintien de l’Agriculture Paysanne) s’est développée à côté de chez moi, j’ai commencé par y prendre mes légumes puis mon pain. Puis les produits laitiers, au départ, je ne prenais que le beurre et la crème puis j’ai élargi avec le fromage blanc et les yaourts puis avec le lait. Maintenant, je prends une majorité de nos produits frais à l’AMAP.

Revenons sur la définition des circuits courts

Selon l’étude du PIPAME (Pôle Interministériel de Prospective et d’Anticipation des Mutations Economiques), Est considéré comme circuit court tout mode de commercialisation reposant sur :
un intermédiaire maximum entre le producteur et le consommateur final. –

une proximité géographique entre le producteur et le consommateur final.

Les personnes interrogées dans le cadre de l’étude parlent plus volontiers de « circuits courts et de proximité », définis comme un mode de commercialisation « qui valorise le lien social, la transparence, l’équité dans les échanges, la coopération des acteurs, le maintien ou la création d’emploi et qui préserve l’environnement ».

Ceci est conforté par l’étude IPSOS de novembre 2019 :

L’achat de produits locaux permet donc aux Français de s’assurer de leur origine (61%) mais c’est également pour eux une consommation engagée voire militante avec la volonté de participer à l’essor de l’économie et de l’emploi local (60%). Le choix du local touche d’ailleurs toutes les catégories de produits alimentaires avec en tête les légumes (84%), les fruits (83%) ou encore les œufs (73%) et les produits laitiers (67%).

Dans la notion de circuit-court, on retrouve le besoin de proximité. Mais au-delà de ça, le circuit-court est également un acte citoyen qui permet de valoriser des produits et des personnes de proximité. C’est un peu comme se dire on a tant de belle chose près de chez nous qu’on ne connaît même pas. Certaines fois, des produits sont cultivés à proximité de chez nous mais repasse par Rungis ou des centrales d’achat pour se retrouver quelques jours plus tard sur nos étals. Que de perte de temps, d’énergie, de coût et de goût !

Les avantages des circuits courts

Les circuits courts présentent de nombreux avantages, en voici les principaux :

Le lien avec le producteur

Le circuit court permet de créer du lien entre le producteur et le consommateur. Il permet d’humaniser l’acte d’achat. Ce lien peut également permettre de transmettre son savoir notamment dans la conservation ou la consommation du produit. Les producteurs connaissent généralement bien leurs produits et ont pleins de bons conseils.

La rémunération du producteur

La vente en circuit court permet au producteur d’être libre de son prix par l’absence d’intermédiaire. Ceci lui assure une meilleure rentabilité de son exploitation. De plus en plus de nouveaux agriculteurs incluent ce mode de commercialisation dans le développement de leur exploitation.

L’environnement

Comme son nom l’indique, il y a peu de transport entre le producteur et le consommateur, donc un impact positif sur l’environnement. Les produits étant vendus à leur date optimale, cela limite également le gaspillage alimentaire. La proximité avec les producteurs permet de revenir à des cycles (saisonnalité) et à des quantités de consommation plus naturelles. La majorité des agriculteurs de circuits courts ont  pour valeur de ne pas utiliser de produits chimiques.

Des produits plus savoureux

Tout d’abord, comme les produits sont locaux et de saison, les agriculteurs peuvent les cueillir à maturité (à l’inverse des supermarchés), et ils conservent leurs nutriments, vitamines et goût. Pour les consommer, vous n’avez pas besoin d’attendre une semaine ou plus, et le produit n’a donc pas le temps de perdre de sa saveur. En achetant au producteur, le produit agricole arrivera rapidement dans votre assiette. Peut-être une bonne solution pour faire aimer les légumes à vos enfants !

L’emploi

Ce mode de commercialisation consomme plus d’emplois : une exploitation en circuits courts mobilise ainsi en moyenne 2,2 UTA (unités de travail annuelles), contre 1,4 UTA pour l’ensemble des exploitations. L’activité de transformation, étape qui peut être requise avant la commercialisation des produits, constitue également un segment de croissance potentiellement important pour le secteur, notamment pour des emplois d’insertion.

Vous me direz :  c’est bien tout ça mais je les trouve où mes produits locaux ?

 

Les différents types de circuits courts

Ces produits peuvent être trouvés par différents biais, voici les principaux

  • Vente à la ferme (panier, cueillette, marché à la ferme, etc.),  vous pouvez trouver de nombreuses adresses sur le site de Bienvenue à la ferme. De nombreux sites se sont mis en place pendant le confinement.
  • Vente collective (point de vente collectif ou panier collectif), regardez autour de chez vous, il y a sûrement un magasin qui regroupe plusieurs producteurs. Dans ma région, certains sont connus sous le nom de Plaisirs Fermiers mais l’appellation peut varier d’une région à l’autre.
  • Vente sur les marchés (marchés de producteurs de pays, marchés paysans, marchés polyvalents), vous pouvez retrouver les dates des marchés de producteurs sur leur site. Les jours de marché sont souvent indiqués sur le site internet de votre ville ou à l’office du tourisme.
  • Vente en tournées (avec éventuellement point relais de livraison) ou à domicile. Pour cela, il vous faut vous renseigner directement auprès de votre producteur.
  • Vente par correspondance (Internet, etc.)
  • Vente organisée à l’avance à travers les Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap). Regardez dans leur annuaire, l’association la plus proche de chez-vous
  • Accueil à la ferme (gîtes, tables d’hôtes…) avec consommation sur place des produits de la ferme
  • Vente à la restauration (traditionnelle, collective), de plus en plus de restaurants indiquent leurs fournisseurs locaux sur leur carte.
  • Vente à un commerçant-détaillant (boucher, épicerie de quartier, Grandes et Moyennes Surfaces, etc.)

Les offres sont assez diversifiées, je suis sûre que vous trouverez la solution proche de chez vous et qui surtout s’adapte à votre quotidien. Les bonnes intentions, c’est bien mais honnêtement, êtes-vous prêt à faire 30 km de plus chaque semaine pour récupérer vos produits ? Il faut que la solution soit en adéquation avec votre organisation et votre mode de vie. Par contre, il peut être intéressant de passer quelques (dizaines) de minutes à rechercher votre solution idéale plutôt que de courir toutes les semaines. Vous pouvez également mixer les offres : toutes les semaines à l’AMAP et une fois par mois au marché. Profitez des vacances pour tester des nouveaux modes de distribution et de consommation. Si vous êtes convaincu , vous arriverez à garder le rythme, une fois la rentrée faite.

 

Et le prix pour le consommateur dans tout ça

J’ai trouvé une étude comparative réalisée Les Paniers Marseillais entre les prix de leurs fruits et légumes, et ceux vendus en grande surface et en magasin bio. Les résultats sont plus que prometteurs : un panier de fruits et légumes Le Panier Marseillais, coûterait 1,3 fois moins cher qu’en hypermarché et 2 fois moins cher qu’en boutique spécialisée bio.

Si je fais moi-même cette étude :

La semaine dernière, dans mon panier AMAP, j’avais :

  • 1 kg de pommes de terre
  • 1 botte de carottes nouvelles
  • 1 botte de betteraves nouvelles
  • 1 salade
  • 1 chou fleur
  • 1 barquette de fraises

Le prix de ce panier est de 13€, au Super U, il aurait été de 15.5 € (avec des carottes bio mais d’Espagne, du chou fleur et des fraises non bio) et de 14.5€ chez Plaisirs Fermiers et 16 € sur un drive fermier breton.

Mon défi :

Je suis convaincue que tout le monde est gagnant à consommer local. Je vais dans les semaines à venir, mettre à l’honneur les producteurs de ma région. Ils se présenteront, présenteront leurs produits et nous donnerons une recette de saison avec un ou plusieurs de leurs produits.

Pourquoi est-ce un défi pour moi ?

Je souhaite à travers ces interview vous transmettre l’importance du consommer local et en premier lieu du manger local. Autant j’adore cuisiner leur produit, autant il est plus difficile pour moi  d’aller échanger avec eux. Je vais donc sortir de ma zone de confort et aller partager un moment avec eux.

Ce sont des personnes qui sont assez occupées, je vais devoir être convaincante dans ma demande ainsi que pertinente dans mes questions pour qu’ils acceptent l’interview. Tout ça va m’aider à augmenter mon niveau d’exigence pour écrire des articles qui soient clairs, concis et de qualité. Mais en gardant une touche de légèreté.

Le programme

Pendant les 6 prochains mois, je vous présenterai 6 producteurs dans des domaines différents :

  • Un producteur de légumes
  • Un producteur et transformateur de lait de vache
  • Un paysan boulanger
  • Un éleveur de boeuf
  • Un éleveur de volaille
  • Un transformateur de produits locaux

En attendant de vous présenter ces producteurs, j’espère que vous prendrez plaisir à découvrir ceux qui sont à proximité de chez vous. Les légumes nouveaux arrivent, c’est le moment de retrouver leur bon goût et celui des autres produits.

Et si vous manquez d’idée pour préparer ces produits, allez regarder mes menus et mes recettes.

Etes-vous prêt à essayer à consommer des produits locaux ou à augmenter leur part dans votre panier de courses ? Quels sont vos freins ? Quels sont vos envies vis-à-vis de ces produits?

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8 commentaires

  1. Merci pour cet article et cet encouragement à consommer local ! Je suis abonné à des paniers bio en circuit court, la qualité est indubitablement meilleure ! Et ce n’est effectivement pas plus cher ! Reste que cela peut parfois être compliqué de les récupérer à date fixe, sur un créneau précis… Mais cela devrait aller de mieux en mieux puisque nous sommes de plus en plus à consommer local, l’offre se développe !
    Félicitations pour ton idée d’interviewer des producteurs, c’est super de comprendre comment fonctionnent ces filières, et quels sont les hommes et les femmes qui les font vivre et nous permettent de bien manger 🙂
    Bonne continuation

    • En effet, il faut réussir à trouver la solution qui nous convient, il n’y a pas de solution universelle. Je suis convaincue, comme toi, que l’offre va encore s’élargir. La première interview arrive bientôt.
      Belle journée

  2. Merci Lucie pour ce très joli plaidoyer pour ce qui est finalement plus une philosophie de vie. Je suis admiratif des gens qui arrivent à ne pas succomber ” la facilité du confort” pour rester alignés avec leurs valeurs ! PS : je suis un adepte, moi aussi, de la technique du Kaizen (dite des petits pas 😉)

  3. Merci Lucie. J’ai la chance de faire mes courses chaque semaine au marché et dans un magasin de producteurs : j’y retrouve tous les avantages que tu mets en avant. Nous avons changé de manière de consommer et nous nourrir au sein de mon foyer il y a 5 ans déjà, et c’est une belle aventure !

    • Génial, finalement, il suffit de sauter le pas pour être convaincu. Je trouve que le magasin de producteurs est un bon modèle : différent mais rassurant !
      Belle journée

  4. Super défi ! C’est bien de donner la parole à ceux qui nous nourrissent.
    En complément du marché, je commande aussi parfois à la Ruche qui dit oui. Ce n’est pas de la vente directe mais la majorité des producteurs sont en circuit court. C’est ce qui me permet d’aller chercher des courses de producteurs locaux en vélo, sinon sinon les producteurs sont trop loin.

    • Je n’ai pas d’expérience de la ruche qui dit oui car il n’y en a pas à côté de chez nous ! Il y a de bons retour sur les services.
      Et bravo pour les déplacements à vélo !

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